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7/4/2008

Fête pour le NPA dans le 18e arrondissement

 
Fête pour le NPA dans le 18e arrondissement
envoyé par E_varlin
7/3/2008

Besancenot aux "4 Vérités" le 1er juillet 2008

Besancenot aux "4 Vérités" le 1er juillet 2008
 


7/2/2008

Journée avec Olivier Besancenot 2

 
Journée avec Olivier Besancenot 2
envoyé par listar

Réunion Nationale NPA - 28 & 29 juin 2008

 
Réunion Nationale NPA - 28 & 29 juin 2008
envoyé par NPA-RP

(vidéo) Réunion de coordination des comités NPA (2)

Réunion de coordination des comités NPA (2)
 

A La Plaine-Saint-Denis, le 29 juin 2008.

7/1/2008

"Le Nouveau parti anticapitaliste, la « mayonnaise » qui veut monter "

"Le Nouveau parti anticapitaliste, la « mayonnaise » qui veut monter "

Dans Libération Quotidien : lundi 30 juin 2008. Par Gaël Cogné.

Content, confiant, un brin excité même, Alain Krivine ! « C’est vraiment ce qu’on souhaitait. » Autour de lui, des alters de 20 ans causent avec des militants trotskistes, des libertaires avec des déçus du PS, des syndicalistes avec des militants associatifs. Et tout le monde s’appelle « copain » ou « copine ». Il y a de l’euphorie dans l’air.

Ils ont été « plus d’un millier » de « copains » à participer à la première réunion nationale du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), à Saint-Denis. Parmi eux, environ « 800 délégués » représentant les 300 comités créés dans pratiquement tous les départements de France, qui ont répondu à l’appel de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) lancé fin 2007 qui souhaitait la création d’un nouveau parti résolument « contre la droite, le patronat et le Medef », explique Olivier Besancenot. Un parti dans lequel va se dissoudre la LCR, pour une « gauche de combat anticapitaliste, internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révoltée contre toutes les discriminations ».

Krivine reprend : « Il y a une vraie diversité. La moitié des personnes présentes ce week-end ne sont pas à la ligue. Il va falloir arriver à faire prendre la mayonnaise. » Les militants de la LCR représenteraient environ un tiers des membres des comités. Pas évident de faire la synthèse. Tout le week-end, la LCR a tout fait pour montrer patte blanche et rassurer ceux qui craignent que le NPA ne devienne « une LCR bis » . Ainsi, « il y a des gens qui attendent de voir. Il y a un peu de méfiance dans mon comité », rapportait Nadine, prof d’histoire-géo, à Pau.

Pendant cinq heures, samedi, les délégués des comités ont pu raconter leur expérience locale et exprimer leurs attentes. Comme les autres, Besancenot n’a eu droit qu’à quatre minutes. Les uns ont soutenu les sans-papiers, d’autres ont lutté avec les pêcheurs ou défendu leur hôpital. Au fond de la salle, « les vieux » de la LCR (comme les appelle Alain Krivine) écoutent et se taisent. Leïla, membre du collectif Jeudi noir demande le renouvellement des formes d’action : « Pour les jeunes de ma génération, manifester en suivant un cortège, ça nous saoule. »

« Ça part un peu dans tous les sens », trouve Jean-Charles Albert, militant LCR dans le Var. « Il faut passer du club de discussion à l’action. »

Mais pour Olivier Besancenot, le « contrat est rempli » . Après des heures de discussions au sein de plusieurs commissions, les militants sont parvenus à rédiger une déclaration commune et à mettre sur pied un « comité d’animation national provisoire ». Il doit se substituer à la LCR dans le processus de création du NPA, qui prévoit, en octobre, une nouvelle journée nationale, avant un congrès en 2009. Ce comité comptera une soixantaine de personnes et la LCR a accepté d’y être minoritaire (avec 23 représentants, majoritairement issu du bureau politique).

Quant au rôle de Besancenot, « il ne faut pas être hypocrite, il sera un des porte-parole », a estimé Alain Krivine. L’intéressé ajoute que si l’organisation du parti n’est pas décidée, on peut dire qu’« il n’y aura pas de président, ni de secrétaire général - ce n’est pas le genre de la maison - il y aura une direction collégiale avec des porte-parole ».

"Le NPA, une gauche radicale comme nulle part ailleurs, promet Besancenot"

"Le NPA, une gauche radicale comme nulle part ailleurs, promet Besancenot"

Site Médiapart (http://www.mediapart.fr). Article de Stéphane Alliès.

Le dernier discours vient de se terminer à la tribune. Les gens ont applaudi, puis se lèvent. Moment de flottement. Un coin de salle lance alors "l’Internationale". Timidement, puis plus franchement de plus en plus de poings se lèvent. Jusqu’à un refrain final repris par deux gros tiers de l’assistance.

Si l’hymne révolutionnaire n’apparaît plus comme une évidence dans les rangs d’une LCR en mutation, il n’a toutefois pas été sacrifié sur l’autel du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). « C’est vrai qu’on a un peu hésité à la chanter, mais le naturel de ce parti reste finalement révolutionnaire », sourit François Sabado, l’une des figures historiques d’une "Ligue" en cours de dissolution.

Ce week-end à la Plaine Saint-Denis, ils étaient huit cents délégués à s’être réunis pour se rencontrer, débattre en commissions (féminisme, écologie, processus, etc.) et se donner une direction de transition jusqu’au congrès de fondation prévu en janvier. Ou plutôt une « structure de coordination », car le mot "direction" est presque tabou pour les responsables de la LCR, qui sont persuadés que la crédibilité de leur entreprise passe par l’ouverture.

« La Ligue était minoritaire dans toutes les commissions, et c’est ce qu’on voulait. Le contrat est plus que rempli. Il y a une hétérogénéité politique et générationnelle incroyable. Et il y a des vocabulaires différents pour souvent dire les mêmes choses, assure l’ancien leader Alain Krivine. Par exemple, on parle de travailleurs et certains nous disent qu’ils sont chômeurs. »

Son comparse Sabado ajoute : « Sur la Palestine, on est tous sur la même ligne, sur l’islamisme il y a des divergences… Ce qui compte, c’est d’être d’accord sur l’essentiel. On n’en est pas encore à la synthèse générale des points de vue, mais tout le monde a la volonté d’arriver à cette synthèse. Et puis on comprend l’aspiration des "non-Ligue" à contrôler le processus. Il y a forcément un peu de méfiance vis-à-vis de nous, c’est normal. On lève les malentendus s’il y en a. Moi, par exemple, je suis intervenu en commission pour expliquer ce qu’est la IVe Internationale… »

Ces "non-Ligue", ce sont ceux que Libération appelle les "fans de Besancenot", convaincus par le discours et la présence militante du dernier candidat à la présidentielle de la LCR. Lui arbore un grand sourire et aura passé le week-end au milieu des "copains" et des "camarades", soucieux de ne pas se mettre trop en avant et de la jouer collectif.

Il aura parlé trois minutes, comme les autres, en se présentant au micro comme « Olivier, du comité poste-Fedex ». Dimanche, il tentait de tempérer son optimisme : « C’est un peu tôt pour parler de réussite. Mais c’est un très bon rapport d’étape. Maintenant, ils nous reste six mois d’engueulades et d’étincelles pour parvenir à se mettre d’accord sur tout. Mais c’est quand même plus excitant qu’un train-train militant à gérer. »

Soucieux « d’avancer par étape », Olivier Besancenot vise « une dynamique boule de neige » et se dit certain « que bien d’autres attendent encore de voir et pourraient nous rejoindre après le congrès ».

Parité hommes-femmes et Ligue-"non-Ligue"

Le NPA aurait d’ores et déjà réunit « 9000 personnes, de près ou de loin, depuis des anciens de LO jusqu’à des réformistes radicaux », annonce François Sabado. Les ex-partenaires de la "gauche de gauche" à l’époque du référendum européen sont toujours frileux face à l’initiative trotskyste de recrutement par le bas. L’intellectuel altermondialiste Raoul-Marc Jennar et Clémentine Autain, qui a récemment signé l’appel de l’hebdomadaire Politis pour un rassemblement sur le modèle allemand de Die Linke (qui rassemble des anciens du SPD et des héritiers des communistes du PDS), étaient présents ce week-end.

Le premier est convaincu, et a conclu son intervention d’un « notre parti » à la tribune. La seconde est intriguée et s’est dit « frappée par l’enthousiasme et agréablement surprise par le nombre important de jeunes ».

L’ancienne adjointe apparentée communiste de Bertrand Delanoë reconnaît que « cette proposition politique n’existe pas ailleurs, de la part des autres partis. Mais il reste une série de questions sur le rapport au pouvoir qui ne me semblent pas tranchées. Je comprends l’indépendance vis-à-vis du PS, mais il ne faut pas fuir non plus les possibilités de créer les conditions d’une alternative politique ».

Clémentine Autain souhaite que « l’ouverture de la Ligue se fasse aussi vers les responsables des autres courants politiques, et non pas seulement vers les "simples héros du quotidien" ». Pour l’instant, l’ex-minorité de Lutte ouvrière (dite "la fraction étincelle") et le groupe de la Gauche révolutionnaire ont tous deux des représentants « observateurs » dans la « structure de coordination ».

Multiplié par trois, l’effectif militant du parti en gestation se répartit sur quasiment tout le territoire (« environ 400 comités, et seulement deux ou trois départements qui ne connaissent pour l’instant aucune implantation »). Ces comités ont désigné en fin de matinée dimanche un « comité d’animation », par consensus. Sur la soixantaine de membres qui vont « coordonner la transition » jusqu’à janvier, ils ne seront que 25 issus de la LCR.

Avec l’université d’été prévue en août (dont une bonne partie du temps sera consacrée au NPA) et une réunion d’étape déjà fixée à l’automne, le nouveau parti est en cours de structuration. Le principe d’une carte d’adhésion de "membre fondateur" a été acté, afin de « permettre de financer un peu nos participations aux luttes », explique la direction de la Ligue. Si le montant n’a pas encore été décidé, « il devrait tourner autour de 10, 20 euros », explique Sabado.

Quant au nom de la nouvelle Ligue, il confie que, pour l’instant, « ça oscille entre quelque chose autour de la gauche révolutionnaire et un acronyme sur le modèle du syndicat SUD ». Olivier Besancenot détaille la procédure : « Chaque comité fera des propositions en janvier, et on organisera un vote pour trancher au congrès. » Un congrès dont il assure ne pas vouloir « sortir en n°1. Il y aura plusieurs porte-parole et une direction collective, paritaire entre Ligue et "non-Ligue" et entre hommes et femmes. Et avec de nouvelles têtes ».

De “Peugeot Mulhouse” à “Jeudi noir”

Parmi ces « nouvelles têtes », on retrouve Leïla, jeune militante dans l’association parisienne Jeudi noir pour le logement, ou Vincent Duse, quadragénaire responsable CGT chez Peugeot à Mulhouse. Leïla a rejoint le NPA « en prenant la Ligue au pied de la lettre : ils nous ont dit : "Le parti sera ce que vous voudrez bien en faire, créez un comité et vous vous rendrez bien compte." Et on l’a fait. Pourtant, je vous assure que je n’ai jamais lu Trotsky. Je respecte ces idéologies, mais elles me dépassent complètement ».

Vincent, lui, est un syndicaliste qui avait déjà fondé un « petit groupe politique, Union 68, qui regroupait des anciens de LO, des inorganisés et des anciens anarchistes, et qui diffusait un journal devant l’usine ».

L’initiative de la LCR et le charisme de Besancenot ont fait le reste : « On était dans l’attente d’une telle structure et c’est tombé pile-poil. Désormais, on est 150 "stabilisés" et on a 850 contacts. Beaucoup d’ouvriers, la majorité des cégétistes de "Peugeot Mulhouse" sont au NPA. Mais aussi beaucoup d’immigrés, car on s’est beaucoup investis dans les luttes contre les expulsions de sans-papiers. Comme à l’usine avec le syndicat, on est un peu un parti de services, qui fait beaucoup d’aide juridique. »

Quand il s’agit de s’exprimer sur le rapport à entretenir avec le parti socialiste, Leïla et Vincent sont presque plus critiques et radicaux qu’Olivier Besancenot. Elle « n’en peut plus du PS qui ne fait rien ». Lui estime que « ceux qui font le jeu de la droite sont ceux qui ne s’opposent plus à la droite ».

De son côté, Besancenot assure que « le NPA n’est pas un parti contre le PS, mais contre la droite. Et nous, contrairement à eux, on n’a pas créé une commission pour surveiller ce qu’ils font. Nous, nous voulons une autre société et pas une société capitaliste. Ça fait déjà une grosse différence ». Besancenot prépare un livre pour faire le point sur l’expérience du NPA. Date de sortie prévue : le 17 novembre. Au lendemain du congrès socialiste.

(vidéo) ZAPPING MEDIA du week end coordination

- Zapping
 
6/29/2008

(Presse) voix du nord NPA à Roubaix

Le nouveau parti anticapitaliste en quête de visibilité à Roubaix

mercredi 04.06.2008, 04:56 - La Voix du Nord

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Roubaix/actualite/Secteur_Roubaix/2008/06/04/article_le-nouveau-parti-anticapitaliste-en-quet.shtml

 

 Des militants de gauche se sont réunis afin d'échanger sur ce que doit être ce nouveau parti.

 

Quand il est venu soutenir les grévistes de La Redoute, Olivier Besancenot, le porte parole de la Ligue communiste révolutionnaire, évoquait depuis quelque temps déjà ce nouveau parti anticapitaliste, dans lequel la LCR doit se fondre d'ici la fin de l'année.

Alors qu'ailleurs en France, les groupes locaux ont déjà bien avancé sur cette question, débattant des idées et de la façon de parvenir à cette nouvelle formation, à Roubaix, le processus a été un peu poussif. «  Nous ne sommes que dix ou vingt militants, reconnaît Yann Merlevede. Nous avons été happés par la suractivité des élections municipales. Mais cela a toujours été comme ça à Roubaix. Avec le chômage, la désespérance, les gens n'ont plus d'espoir. Même quand on leur propose un nouveau parti. » Le chef de file local de la LCR compte sur les réunions publiques pour mobiliser un peu plus largement les militants partageant les mêmes idées. L'une d'entre elles a eu lieu vendredi dernier, dans le self service de la salle Watremez. Réunies en cercle, une vingtaine de personnes, aux motivations et aux passés politiques aux très différents. Outre ceux figurant sur des listes de gauche lors des dernières échéances municipales, on y reconnaît nombre de syndicalistes.

Ils se disent tour à tour «  intéressés par le débat », «  à la recherche d'une alternative politique à l'action syndicale » ou encore «  en recherche de quelque chose qui regroupe ceux qui ont envie d'agir ».

Ce nouveau parti anticapitaliste sera-t-il justement cet espace ? Si tel est le cas, Yann Merlevede s'empresse de préciser : «  Ça ne sera pas une LCR bis », mais plutôt une rencontre entre ces idées anticapitalistes (qui à gauche n'auraient jusqu'ici pas de réponse) et l'aura d'Olivier Besancenot. «  La LCR ne dit pas : "rejoignez-nous", mais il faut prendre le meilleur du mouvement ouvrier pour l'adapter au XXI e siècle. » Un souhait pas forcément évident à exaucer quand il s'agit de s'adresser à la jeune génération, qui n'a pas toujours une grande culture politique ni la volonté d'endosser le passif de la LCR. Mais c'est peut-être parmi ces jeunes que ce nouveau parti anticapitaliste trouvera ses cadres. S'il parvient à émerger, évidemment. •

> http://lcr-roubaix-tourcoing.spaces.live.com/

( vidéo) Réunion de coordination des comités NPA

Réunion de coordination des comités NPA
 

La Plaine-Saint-Denis, le 28 juin 2008, premier jour de la réunion.

6/27/2008

Reunion du comité pour un nouveau parti le 1er jullet

 
 
 
Salut à tous,
 

Des militants politiques, syndicaux et  associatifs vous invitent à 
 
 la prochaine réunion du comité d'initiative pour un nouveau parti anticapitaliste de Roubaix et environs ( Tourcoing, wattrelos, Wasquehal, Lys lez lannoy..etc) 
 
qui se tiendra le:
 
 Mardi 1er juillet 18h30 à la brasserie du moulin,
 rue du moulin à Roubaix.
 
 
 

Nouveau parti anticapitaliste : premier bilan

 
LCR

Nouveau parti anticapitaliste : premier bilan

Les dirigeants de la LCR réunissent ce week-end les comités d’initiative de leur nouveau parti.
L’occasion de se compter.

Alors qu’Olivier Besancenot est consacré meilleur opposant à Nicolas Sarkozy (sondage OpinionWay Le Figaro-LCI, 19 juin), la Ligue communiste révolutionnaire organise ce week-end à La Plaine Saint-Denis la première grande réunion nationale du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), censé remplacer bientôt la LCR. Alain Krivine, le dirigeant historique de la Ligue, ne sait pas combien de délégués de comités d’initiatives – ils s’en créent spontanément un peu partout – viendront. "Entre 500 et 1000…", se hasarde-t-il.

 

 

ENTRETIEN | Claude LARRIEU - Martine MAILFERT / représentants LCR Anglet et Bayonne

http://lejournal.euskalherria.com/idatzia/20080627/art210156.php
Avec le nouveau parti anticapitaliste,"il s’agit de dépasser le cercle des militants LCR"

Voilà plusieurs semaines que la LCR organise des réunions locales pour discuter de l’avenir du parti, et notamment sa mutation en Nouveau Parti Anticapitaliste (le nom n’est pas encore fixé). Ce week-end, des représentants de comités locaux se réunissent à Paris pour faire le point. Alors que Bayonne, Anglet et Saint-Jean-de-Luz envoient sept membres, Martine Mailfert (Bayonne) et Claude Larrieu (Anglet) font le point sur les enjeux de cette transformation.

Que ressort-il de ces réunions de comités locaux ?

Claude Larrieu : les comités sont assez larges, avec des militants, des syndicats, des associatifs... L’idée générale, c’est la construction d’une société socialiste démocratique, où la base majoritaire prendrait les décisions.

Martine Mailfert : on discute beaucoup, sur les thèmes politiques, sur ce qu’on entend par "anticapitaliste". Le point de rupture, c’est la mise en place de mesures s’opposant au libéralisme ambiant installé par le gouvernement Sarkozy, et auquel s’est adapté le PS : c’est-à-dire contre l’accumulation des profits de quelques-uns par le travail des autres. Sur ces réunions, nous avons considéré que les grandes firmes ne devraient plus appartenir à du privé, mais à un groupe plus collectif, voire aux ouvriers. Mais rien n’est encore arrêté.

La définition de l’anticapitalisme n’est pas encore arrêtée à la LCR?

M.M : ces comités locaux vont au-delà des militants de la LCR. Rien qu’à Bayonne, le groupe comporte une quarantaine de membres. D’ailleurs, les deux représentants qui se rendent à Paris ce week-end pour parler au nom du comité de Bayonne ne sont pas encartés. Pour une réunion sur l’hôpital, ce sont des gens non encartés qui sont venus nous présenter le rapport Larcher, qui vise ni plus ni moins qu’à privatiser la santé. Après, on est encore dans un processus de construction, donc tout reste à faire. En septembre, nous définirons nos statuts et le nom du parti, et espérons le constituer en décembre.

CL : il s’agit bien de construire un nouvel outil, une plate-forme commune. La base ne serait pas difficile à trouver : SMIC à 1 500 euros, retraite à 37,5 annuités, halte aux suppressions de postes...

Il y a déjà eu des tentatives pour rassembler cette gauche, et ça n’a pas marché...

CL : Oui, ça n’a jamais été très loin. Mais cette fois, l’appel de la LCR c’est vraiment le rassemblement par le bas, plutôt que de négocier avec les chefs de mouvement. Nous voulons fédérer en passant par la base : les militants, les sympathisants, les syndicalistes, toutes les personnes fatiguées de ces attaques très dures de la droite sarkoziste, du patronat et du PSqui subit sans rien proposer.

Aux dernières municipales, vous avez réalisé de bons scores (7,5% à Bayonne, 5,9% à Anglet). Avec l’abandon des mots "communiste" et "révolutionnaire" dans le nom du parti et ces réunions élargies au-delà des membres de la LCR, vous pensez donc pouvoir faire mieux ?

MM : Ce nouveau parti n’a pour l’instant pas de visées électoralistes. Si certains de ses membres souhaitent se lancer dans les élections, nous aviserons. Pour l’instant, nous voulons surtout être le parti présent dans toutes les luttes sociales.

C.L : Le parti est en construction, il faudra attendre le premier congrès pour déterminer une assise politique précise. Après, je pense bien sûr que nous nous présenterons aux élections, parce que ce sont des échéances importantes pour véhiculer un programme. En tout cas, on revendique une indépendance totale vis-à-vis du PS et ses alliés.

Cela veut dire que vous ne voulez toujours pas, comme certains vous le reprochent, "mettre les mains dans le cambouis" ?

M.M : Ecoutez, d’abord nous allons constituer un programme, et après, on fera de la politique. Mais à la LCR nous n’avons jamais dit que nous ne voulions pas gouverner. On a dit qu’on ne voulait pas gouverner avec le PS. Mettre les mains dans le cambouis, oui, mais on veut choisir lequel. Et on ne veut pas d’un cambouis qui continue à désespérer les gens. Nous nous sommes présentés dans toutes les élections. Mais nous ne voulons pas accéder au pouvoir au prix de concessions néolibérales.

Pour vous Claude Larrieu, c’est une question très concrète à Anglet, maintenant que Jean Espilondo y dirige une majorité socialiste. Vous ne regrettez pas d’avoir refusé l’alliance ?

CL : Non. Nous avions discuté d’un accord technique qui nous permettait de conserver notre indépendance au moment de voter le budget. Cet accord a été refusé. Et je ne le regrette pas. L’eau n’est pas passée sous régie publique comme nous le souhaitions. Il y aura certes une baisse des tarifs d’environ 12%, mais avec la régie publique, cela aurait été 46%. Ce n’est certes pas un changement facile, mais il y a l’exemple bayonnais tout proche. Sur le logement social, on ne voit pas grand-chose encore. Et si les socialistes s’étaient opposés à la construction de la salle Bovero, ils proposent la même en couleur à Quintaou. Ils disent que c’est pour ne pas perdre l’argent de la CABAB. Mais est-ce vraiment une priorité pour la population du BAB ?

Olivier Besancenot devant ses juges médiatiques

Olivier Besancenot devant ses juges médiatiques
 
Compromis inévitable (qui permet de s’adresser à des millions de téléspectateurs) ou compromission inacceptable (qui contribue à dépolitiser la politique) ? Le passage d’Olivier Besancenot dans l’émission de divertissement du très sarkozyste Michel Drucker relance le débat sur les rapports entre les contestataires et l’ordre médiatique existant, auquel nous avons plusieurs fois contribué ici même [1]. Parce qu’elle permet d’éclairer ce débat, la réception médiatique de la prestation médiatique d’Olivier Besancenot, lors de l’émission « Vivement Dimanche », animée par Michel Drucker sur France 2, le samedi 11 mai 2008, mérite qu’on s’y arrête.

par Ugo Palheta

I. Des règlements de comptes politiques

Sous couvert de critique et de déconstruction du personnage médiatique d’Olivier Besancenot, de droite à gauche, les règlements de compte n’ont pas manqué.

Vu de droite : démasquer l’hydre révolutionnaire

Porte-parole d’une communauté invisible protégée par un «  on » anonyme, Catherine Nay – journaliste politique à Europe 1 et « conseillère spéciale » de Jean-Pierre Elkabbach – ne s’est pas amusée : «  On s’est barbé. C’est que ce garçon là n’a aucune légèreté. Peut-être qu’en privé il a beaucoup d’humour, mais hier nada ». La raison de cette prétendue absence d’humour et de légèreté ? Besancenot appartient à une épouvantable engeance que tout distingue des bons serviteurs des opprimés : « Il est du côté des luttes et des opprimés, d’accord. Mais sœur Emmanuelle elle aussi, qui leur avait consacré sa vie, était de leur côté. Et elle, qu’est-ce qu’elle était marrante sur les plateaux ! Car ce qui la guide, elle, c’est sa foi, qui du coup devient contagieuse. Tandis qu’Olivier Besancenot, attention mesdames et messieurs, c’est la révolution lui qui le motive ».

… Et qui lui interdirait, selon l’humoriste de la station d’Arnaud Lagardère de partager ses fous rires : «  Un révolutionnaire qui se respecte ne s’esclaffe pas . Par exemple, lorsque Anne Roumanoff débite ses facéties : ’’au PS dit-elle y a beaucoup de courants mais y a pas de lumière’’. Tout le monde rit, mais pas lui : il sourit à peine. Un révolutionnaire n’avoue pas non plus ses gourmandises : serait-ce un péché bourgeois ? Pas même pour les crêpes, en souvenir de celles que sa grand-mère de Levallois devait lui faire le jeudi. Non, rien ! […] Lui vous dis-je, c’est la révolution ! ».

Mais surtout, on n’est pas sinistre par hasard. Et Olivier Besancenot l’est pour une raison bien simple ; c’est que si l’on scrute ses modèles « ça fait froid dans le dos » : « Ce qui l’inspire lui par exemple, c’est la Commune de 1871. Après la révolution de 1789 ce fut la dernière guerre civile en France, qui fit tout de même 20 000 morts [dont la Commune elle-même serait responsable ?] du côté de ceux qu’il défend . Le bilan est effrayant. ’’Mais pour moi la révolution c’est pas une flaque de sang à chaque rue’’, précise-t-il. On se rassure, mais tout de même ! Ses idoles, ses modèles à lui, s’appellent Trotski, fondateur de l’Armée rouge et grand criminel devant l’éternel, dont son parti la LCR se prévaut ; et le Che Guevara, dont les discours l’enthousiasment. Il a même écrit un livre. Mais le Che, au beau visage christique, dont tous les libertaires romantiques se sont emparés, fut (il faut le savoir) un stalinien fanatique, insensible, cruel, qui éliminait lui-même ceux qu’il désignaient comme traîtres d’une balle dans la nuque ».

Et Catherine Nay, journaliste de la droite « décomplexée » comme c’est son droit, d’opposer, mot pour mot, au « programme aussi sympathique qu’utopique » de Besancenot, l’assertion péremptoire de Sarkozy : « les caisses sont vides . »

Vu de gauche : étaler son mépris du peuple

Vu de gauche – ou d’une gauche incertaine – la critique de la présence de Besancenot sur le plateau de Michel Drucker est l’occasion de faire passer le mépris de classe pour de la hauteur de vue… Comme le montre, par exemple, l’exercice auquel s’est livré le journaliste du Nouvel Observateur, François Caviglioli, dont l’ironie (faiblement comique au demeurant) masque difficilement une condescendance affichée dès le début de l’article : « L’homme qui fait la révolution à bicyclette était chez Drucker. Et si le vrai handicap d’Olivier Besancenot était d’être un homme heureux ? […] Il s’essuie les mains sur son pantalon, un reste de timidité prolétarienne . Mais il prend vite de l’assurance et nous raconte l’histoire de sa vie qui lui tient lieu de programme. […] C’est un bon jeune homme ».

Un « brave gars », donc, mais qui, passéiste, parle d’un monde que Le Nouvel Observateur a englouti : « Olivier Besancenot a inspiré et mis en scène le documentaire qui a été projeté pendant l’émission sur le 18e arrondissement, le quartier où il vit.[…] . Mais c’est un quartier qui n’existe plus que dans son imagination et qu’il est le dernier à entendre. Il a tenté une reconstitution historique. Les personnages et les lieux que Besancenot nous présente sont les figures classiques de la vieille comédie parigote . Les copains avec qui on va jouer au foot le dimanche sur un terrain d’Asnières, la salle de boxe de Clignancourt où on s’entraîne ’’pour décompresser’’. […] Tout un petit peuple qu’on croyait disparu convoqué pour jouer dans une sorte de Puy-du-Fou révolutionnaire ».

Sans doute le journaliste du Nouvel Observateur passe-t-il peu de temps dans le 18ème arrondissement de Paris. Peut-être imagine-t-il la Goutte d’Or ou la Porte de la Chapelle sur le modèle du quartier de la Défense ou du nouveau Bercy. Mais comment ne pas voir que François Caviglioli dissimule, derrière une prétendue analyse de clichés érodés par le temps, ses propres clichés de journaliste des « classes moyennes », refoulant dans un passé lointain ce que Paris refoule progressivement à sa périphérie : les classes populaires elles-mêmes ?

De l’ironie aux sarcasmes et du mépris à la morgue : sur le site d’information Bakchich, Jean-Baptiste Thoret surenchérit [2]. Le dispositif de l’émission « Vivement Dimanche », et l’habileté de son animateur, ont-ils neutralisé le message politique d’Olivier Besancenot ? A cette bonne question qu’il ne pose pas explicitement, Thoret répond… qu’elle est sans objet puisque toute radicalité est une illusion, et que Besancenot, Drucker et les téléspectateurs – des populistes et des beaufs – sont d’accord en tout.

Dans un genre journalistique balisé depuis des années par Philippe Val, Thoret (d’ailleurs lui-même chroniqueur dans Charlie-Hebdo ) s’approprie les thèmes de prédilection et le ton du taulier de l’hebdomadaire « satirique » : «  Des ’’résistants’’ de tous poils s’enchaînent sur le canapé rouge et délivrent leurs doléances sociales dans une ambiance feutrée et cool, entre claquements de mains d’un public forcément acquis aux causes des opprimés, œil plissé et concerné de Drucker et rires complices : ’’Eh ben dites donc ! s’exclame une représentante des luttes sociales à qui Drucker rappelle que les patrons s’en mettent plein les fouilles, on nous prend pour des blaireaux !’’. Un frisson approbateur parcourt le public qui sent vibrer sa corde populiste. » [La formule magique, qui permet à « l’élite » de se consacrer en désignant son pire adversaire, est lâchée…]

« Vieux routard de la télévision comme machine à dépolitiser [de cela on conviendra sans peine…] , Drucker sait combien l’utopie révolutionnaire prêchée par son invité partage avec la France d’en bas qui regarde son show dominical, c’est à dire toute la France, une même passion pour le bon sens, les mêmes visions simplistes, les mêmes indignations, les mêmes engagements commodes » [A quoi il faut évidemment opposer les visions complexes, les originales révulsions et les engagements incommodes du pamphlétaire].

« Au fond, on réalise combien le discours révolutionnaire, combien l’alter-attitude est non seulement parfaitement soluble dans l’eau médiatico-capitaliste mais qu’elle est symboliquement majoritaire. » [Où l’on comprend que Thoret appartient à une élite symboliquement minoritaire…] « Pour le Bien, contre l’exploitation, pour les gens qui travaillent dur et qui n’arrivent pas à boucler les fins de mois et contre les consortiums financiers iniques, pour les petits pots de terre qui s’opposent aux cuves de fer, contre le racisme, etc… [Toutes cibles méprisables aux yeux de l’élite éclairée]. Soit la longue litanie de la mauvaise conscience capitaliste » [A laquelle il faudrait sans doute opposer sa bonne conscience…]

« La révolution Besancenot est un consensus quasi absolu qui s’ignore ou feint de s’ignorer. Pour autant, il s’agit de maintenir vivace l’illusion du militant engagé […] » [Dont il convient probablement de se débarrasser, au profit de la lucidité iconoclaste du penseur dégagé]. « Au fond, le spectacle druckerien révèle un malentendu sur lequel se fonde notre culture de la contestation : les résistants (de gauche, anti-Sarkozy, anti-racistes, anti-méchants loups) se croient ou font semblant de se croire minoritaires alors qu’ils sont symboliquement majoritaires. » [Un malentendu de taille, puisque les «  résistants » sont au fond des dominants qui s’ignorent]

Dans la seconde partie de l’émission, l’impayable Claude Sérillon a ce mot formidable à propos du leader de la LCR : “Il tient des propos qu’on entend rarement à la télévision !” . C’est vrai, sauf que ce sont des propos que l’on entend tout le temps, partout et sur toutes les chaînes [Les médias dominants seront heureux d’apprendre qu’ils diffusent en continu le message de la LCR] […] « Dur d’être révolutionnaire lorsque la maréchaussée pense comme vous. Lorsque l’on est seul à penser comme tout le monde (au moins 55 % pour le Non à l’Europe), autant devenir franchement populiste » [Rien de plus commode que de s’inventer un ennemi «  populiste » pour prétendre au brevet d’ « élite éclairée »].

Et de conclure : « Espérons qu’un jour Besancenot invite Drucker à un congrès de la Ligue. Après tout, ils sont si proches ». Alors que Thoret, cet aigle solitaire qui plane au-dessus de toutes les mêlées bassement ordinaires, continuera à nous abreuver de ses éminentes leçons – à Charlie-Hebdo ou sur France Culture.

On l’a compris : de même que, lors d’une confrontation télévisée entre des candidats à une élection, « l’après-débat fait encore partie du débat dans la mesure où il s’agit, sous couvert de commenter la confrontation, d’imposer publiquement une certaine vision de celle-ci » [3], une prestation médiatique est l’enjeu d’une confrontation médiatique qui la prolonge et qui emprunte ici les voies traditionnelles et brutales du dénigrement.

Mais ce n’est pas tout…

II. Des leçons de critique des médias

A l’occasion de l’émission dédiée à Olivier Besancenot, on a pu observer l’agitation de quelques pontes du journalisme, se disputant les délices d’une critique médiatique des médias et le statut fort convoité de juge de la pureté révolutionnaire. Devenus en un jour des lecteurs avisés de La société du spectacle, ces « locataires mal logés du territoire de l’approbation » (selon l’expression de Guy Debord) accablent tout à coup Besancenot et les médias de leurs accusations. Recettes : personnaliser la critique de la personnalisation, pipoliser la critique de la pipolisation, récupérer la critique de la récupération.

Personnaliser la critique de la personnalisation

 La couverture du numéro (8 mai 2008, n°2270) annonçait un « mystère », qu’un solide journalisme d’investigation devait permettre de lever.

Mais comme il fallait s’y attendre, l’ « enquête » promise consiste essentiellement en un assemblage convenu de banalités, de fausses révélations « pipolisantes » et de témoignages piochés auprès du Parti Socialiste ou du « vice-président délégué du sondeur OpinionWay »

« Peut-on être révolutionnaire et aller chez Drucker ? », se demande gravement Claude Askolovitch pour commencer son article. Venant d’un journaliste qui s’indigne que l’on puisse se présenter comme « révolutionnaire », cette interrogation, apparemment légitime, en dissimule en réalité une autre : « Besancenot est-il vraiment révolutionnaire ? ». Celui qui passe au Nouvel Observateur pour être un « spécialiste » de la gauche annonce d’emblée : « voici quelques questions qui fâchent , sur cet encore jeune homme en qui se reconnaissent tant de mécontents ». Quelles questions ? Des questions qui, pour la plupart, tournent autour de la personnalité de Besancenot, et permettent de matraquer quelques alternatives binaires, bien faites pour orienter l’attention du lecteur. Les intertitres de l’ « enquête » parlent d’eux-mêmes :

- « Au service du peuple ou de sa propre gloire ? »
- « Son nouveau parti est-il un bluff ? »
- « Le héros des prolos est-il un petit-bourgeois ? »
- « Est-ce un vrai facteur ? »
- « Son programme économique est-il bidon ? »
- « Est-ce un démagogue ? »
- « Nouvelle gauche ou vieux trotskisme ? »
- « Est-ce un vrai sectaire ? »

Finalement, l’article est entièrement construit autour d’un seul et unique thème : Besancenot n’est pas celui qu’on croit.
- C’est d’abord un petit-bourgeois qui se fait passer pour un prolo : « Il vit dans le 18e arrondissement de Paris, avec sa compagne éditrice et leur fils, comme plein de foyers des classes moyennes intellectuelles . Mais il accompagne régulièrement des luttes entre Metaleurop ou Nestlé : il sait, comme aucun autre politique, être le copain des prolos qui combattent ».
- C’est ensuite un archaïque, qui met sa jeunesse au service du « vieux trotskisme » : « Besancenot a repris des trotskistes vétérans le culte de la longue patience. […] »
- C’est enfin un populiste, car loin de défendre les intérêts du peuple il ne fait guère que surfer sur une vague démagogique qui le rapproche de l’extrême-droite : « Depuis 2002, la LCR veut cristalliser à l’extrême-gauche comme le FN avait cristallisé à l’extrême-droite, dans un discours antisystème. […] Il enfourche le cheval populiste privé de cavalier depuis la chute de Le Pen ... au point d’avoir une bonne cote d’amour auprès des sympathisants du FN ! ».

C’est ce qu’on appelle le coup de pied de l’âne…

Cette critique, qui prétend défaire une image pour mieux réfuter une politique, contribue à la personnalisation qu’elle affecte de contester. Or – miracle de la concurrence et du pluralisme hebdomadaires – un pas de plus avait été franchi par L’Express.

Pipoliser la critique de la pipolisation

Le 6 mai 2008, quelques jours avant la diffusion de l’émission « Vivement Dimanche », on pouvait lire en couverture de ce vénérable hebdomadaire : « Révélations : Besancenot espionné ! ». Le temps de se rendre page 52 pour y lire l’article en question, le titre a changé et devient : « Besancenot. Le facteur people » En guise de révélation sur l’espionnage de Besancenot, un simple encadré de deux colonnes en quatrième page de l’article, reprenant des informations déjà publiées le 5 mai 2008 sur le site internet de L’Express. Bref, la « Une » recourt à la technique commerciale couramment employée par la presse à scandale : un titre choc, puis un article totalement différent.

Quant à l’article principal, il se flatte d’analyser le succès médiatique d’Olivier Besancenot et sa consécration en tant que « people ». Un article qui, en réalité, s’inscrit pleinement dans cette «  pipolisation » de la vie politique, avec la mise en scène d’une «  star » : « le facteur à bicyclette est la nouvelle icône des ouvriers en lutte, si starisé qu’il doit signer des autographes à chacune de ses sorties. »

Le porte-parole de la LCR se voit ainsi réduit à l’image d’un « facteur à bicyclette », d’ailleurs comparé un peu plus loin au personnage de Dany Boon dans son film Bienvenue chez les Ch’tis. Besancenot : une icône médiatique que l’âge (et non telle ou telle propriété politique) différencie d’autres figures de la gauche radicale : « il humilie tous les autres , coincés sous la barre des 2%, notamment le trio des ’’vieux’’ : José Bové, 54 ans, Marie-George Buffet, 68 ans, et Arlette Laguiller, 68 ans ». La photo a évidemment toute sa place dans cette mise en scène people de la « pipolisation » de Besancenot qui apparaît sur une demi page en compagnie du rappeur Joey Starr,

La majeure partie de l’article entend retracer le parcours de Besancenot et l’observer dans sa vie quotidienne. Résultat : un étalage digne des portraits les plus « people ». On apprend ainsi qu’enfant « c’était un polisson, gai, amusant, avec beaucoup de copains ». Pas moins de deux colonnes sur son enfance et sa scolarité. Conclusion… de premièrr importance : « À part ça, l’élève est parfaitement normal ». Mais Besancenot est-il vraiment un facteur «  normal » ? Question cruciale, et pour le savoir, L’Express se livre alors, avec un luxe de détails (que nous vous épargnerons) à la description d’une journée type de ce facteur.

Besancenot n’est pourtant pas seulement facteur et militant, il est aussi un père de famille « avec les deux pieds dans son époque , qui interdit à la politique de bouffer sa famille ou ses loisirs ». Et voilà donc convoqués sur deux colonnes sa compagne, son fils, ses voyages, son soutien au PSG, le rap et ses activités les plus banales. Et, au détour de ce portrait savamment dépolitisé et pleinement people, cette question faussement naïve : « Mais qui sait qu’il prône l’augmentation de tous les salaires de 300 euros, la réduction du temps de travail à 32 heures sans flexibilité, avec embauches obligatoires... et interdiction des licenciements ? » Probablement pas les lecteurs de L’Express…

Car il ne faut pas se leurrer : toute cette existence apparemment normale et ordinaire est évidemment un instrument marketing mis en oeuvre par « le facteur people » annoncé dès le chapeau : « Besancenot a su gagner une vraie popularité, et compte bien s’en servir » : « ’’Je ne suis pas un professionnel de la politique’’. Cette originalité affichée lui sert d’ argument marketing . Facile dès lors d’ apparaître en boy-scout de la politique, sympathique ’’Monsieur Propre’’, qui sait parler aux plus modestes et apaiser la mauvaise conscience des autres. […] Besancenot refuse d’écorner son image par une participation à un quelconque exécutif ». Et pour couronner le tout, l’Express nous invite en bas de page à nous rendre sur le forum de son site internet, avec ce titre : « Besancenot et la ’’dérive people’’ ».

Ainsi, après avoir brossé de bout en bout un portrait people de Besancenot – dont les pipoleries seront d’ailleurs recyclées dans l’émission de Drucker –, L’Express affecte de s’étonner (et s’indignerait presque) de ce que l’hebdomadaire a lui-même contribué à construire avec ses confrères [4] : un « personnage médiatique » aux multiples « stratégies marketing ».

Ainsi, les médias dominants font spontanément peser sur les porte-parole d’organisations politiques ou syndicales la responsabilité de leurs propres tendances à la personnalisation des enjeux et à la neutralisation des messages politiques. Manière confortable, pour une presse qui s’imagine sérieuse, de se dédouaner de pratiques peu avouables [5].

Reste que ces médias le font d’autant plus aisément que les informations dont ils disposent ont préalablement été mises en circulation et en forme par le personnage politique lui-même – en l’occurrence Olivier Besancenot – et son organisation. Aux risques et périls d’une récupération… dont se réjouit d’avance Alain Duhamel.

Récupérer la critique de la récupération

Figure d’un journalisme politique prétendument «  sérieux » [6] et zélateur imperturbable de l’ordre existant, Alain Duhamel profite de son billet hebdomadaire (Libération, 8 mai 2008) pour procéder préventivement à une critique des illusions médiatiques de Besancenot.

Comme il sied à une sommité du microcosme médiatique, notre éditorialiste commence par énoncer les hauts faits d’armes qui ont fait de lui ce qu’il est : «  A l’époque mérovingienne, lorsque lui-même avait été l’invité de l’émission politique phare d’alors - elle s’appelait A armes égales et c’était un duel de deux heures - le très paranoïaque ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin, avait apostrophé les jeunes présentateurs [dont Alain Duhamel] et les avait mis face à leurs responsabilités : s’ils confirmaient leur invitation, ils porteraient l’entière responsabilité des violences qui pourraient survenir ». En quoi il se trompait…

… Car il y a loin de la théorie à la pratique : « En théorie, Vivement dimanche offre sans doute l’espace le plus vaste pour une prédication réussie . […] Comme Georges Marchais l’avait si bien compris, une belle et bonne émission télévisée rassemble plus de monde qu’une année de meetings. »

« En théorie », soit. Mais en pratique ? En pratique, souligne notre chroniqueur politico-mondain pour rassurer ceux qui redouteraient une contagion de la subversion, le risque est limité : « Dimanche prochain, Besancenot s’évertuera naturellement à faire passer un message politique chez Drucker, lequel ne l’en dissuadera pas. Il est douteux qu’il y trouve l’occasion d’approfondir le programme et la méthode de la révolution du XXe siècle. Les triomphes ludiques de la télévision préparent rarement les changements de société. Le Minotaure Drucker dévorera paisiblement Besancenot, ce Thésée téméraire. »

En dépit de l’emphase et des visées de son auteur, le pronostic n’est pas dénué de pertinence. Mais cet éloge de la « récupération » est à l’exact opposé de sa critique : il permet d’empocher les bénéfices d’une posture contestataire (limitée au strict minimum puisque l’emprise des médias dominants sur le débat public n’est pas discutée), tout en continuant d’assurer – avec d’autres et par des pratiques quotidiennes – la gestion et la conservation du système médiatique tel qu’il est.

Mais on peut faire encore mieux, ou pire, comme le montre l’exemple de Francis Brochet. Empruntant un costume situationniste le temps d’un édito dans le Progrès de Lyon, il profite de l’émission dédiée à Olivier Besancenot pour mettre au service d’une défense du statu quo, une crique réduite à des banalités : « Les révolutions passent, Drucker reste, résiste, Bastille imprenable. Il a débuté sous De Gaulle, et se maintiendra sans doute après Sarkozy. Il a tout vu, tout avalé, tout banalisé, héraut de notre société qui, remarquait Debord, transforme tout en spectacle, même la révolte . La télévision avait fait d’Arlette une vedette, elle a maintenant le jeune Olivier dans le rôle du révolutionnaire télégénique. Au fond, la seule révolution de notre époque, c’est la télévision ». Vacuité et grandiloquence destinées à célébrer la domination d’un système qui ne célèbre rien tant que les critiques insignifiantes.

***

La réception médiatique d’une prestation médiatique ne suffit sans doute pas à critiquer celle-ci. Mais elle confirme les effets délétères d’une communication politique soumise aux conditions fixées par les grands médias : des effets qui ne sont pas seulement mesurables à ce qui est dit, ou à ce qui n’est pas dit, lors de telle ou telle émission.

En effet, la construction et la déconstruction médiatiques du message d’un « personnage médiatique » s’opèrent, avant et après l’émission. Dans le cas présent, l’apparition de Besancenot dans l’émission dominicale de Michel Drucker a notamment fourni à des médias généralement peu critiques à l’égard de leurs mécanismes d’imposition et d’éviction, un prétexte commode pour se faire, à peu de frais, une virginité critique. Les éditorialistes patentés ont ainsi pu camper un rôle de contestataires de commande, qui ne leur sied jamais que provisoirement. Si leurs critiques n’engagent à rien et s’ils peuvent, à ce jeu de la contestation contestée, affirmer « pile je gagne, face tu perds », c’est dans la mesure où le champ médiatique continuera demain à fonctionner selon les mêmes lois : celles-là mêmes qui permettent aux détenteurs d’un quasi-monopole du discours médiatique de prétendre au monopole du discours sur les médias.

- Avec Ryzard Tepay (pour la lecture de L’Express)

Notes
[1] Voir notamment : «  Contestation des médias ou contestation pour les médias ? » et « Se servir des médias dominants sans leur être asservis ? »
[2] Jean-Baptiste Thoret , « Besancenot chez Drucker ou l’illusion de la radicalité » sur le site de Bakchich. Pour l’analyse d’un autre fait d’arme du même, voir, sur le site de Vive le feu, « Le Safari Banlieusard De Charlie Hebdo ».
[3] Patrick Champagne, « Sondages : des interprétations scientifiquement infondées et politiquement nocives ».
[4] Pour une analyse similaire à propos d’un reportage diffusé sur France 2 dans l’émission Envoyé spécial, voir « Un portrait médiatique d’Olivier Besancenot en personnage médiatique ».
[5] Pour une réflexion critique sur la « pipolisation » et l’effacement progressif du clivage entre « presse sérieuse » et « presse people », voir « Vous avez dit “ peopolisation ” : ? (1) Querelles de clocher et questions de frontières et (2) L’art du portrait selon Le Monde.
[6] Voir « Alain Duhamel et les dérives du journalisme politique : le fond sérieux contre la surface “people ” ? ».

Presse (Liberation) Fans de Besancenot

http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/335249.FR.php

 
Appelé à remplacer la LCR dans les mois à venir, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), élargi à toute la gauche radicale, tiendra ce week-end son premier rassemblement national. Virée en Avignon, dans l’une des réunions préparatoires.
Envoyé spécial à Avignon MATTHIEU ÉCOIFFIER
QUOTIDIEN : vendredi 27 juin 2008

«J’ai toujours eu le cœur à gauche et je n’ai jamais trouvé de vraie gauche.» Avec l’accent de Carpentras, voilà comment Nora, 29 ans, éducatrice en crèche, explique sa présence, ce samedi 14 juin, à la réunion du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) du Vaucluse. Ils sont une trentaine, assis sous les frênes du parc des Libertés, un camping-buvette sur l’Ile de la Barthelasse. Autour des tables, il y a un bon tiers de trotskistes de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), le parti d’Olivier Besancenot, des antilibéraux d’Attac, une pincée de jeunes du quartier de la Rocade, une poignée d’anciens communistes et d’amis du socialiste Jean-Luc Mélenchon, un ingénieur du son intermittent du spectacle, un faucheur d’OGM bovétiste et une militante féministe historique. Un cocktail pimenté, où pour l’heure chacun met en veilleuse ses différences dans l’espoir que «quelque chose» se construise à la gauche du Parti socialiste. Depuis des mois, ils se retrouvent régulièrement pour tenter de mettre sur orbite le «NPA», cet objet politique non identifié lancé fin 2007 par la LCR.

 

Le processus

A Avignon, ce jour-là, il s’agit de concocter un texte commun et de décider qui montera à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour le défendre ce week-end. Dans le Vaucluse, le NPA est parti très vite et très fort. «Hier, j’ai eu un policier en préretraite au téléphone. Il m’a dit : "J’ai été voir au Modem, c’est une bande de bourgeois. Quand j’entends Besancenot, j’ai l’impression que c’est moi qui parle!"» raconte Jacques, 63 ans, figure locale de la LCR, qui assure la permanence téléphonique. Sur le fichier électronique, il compte 250 inscrits dans le département quand la LCR n’a que 40 adhérents.

«C’est Besancenot qui me l’a dit, l’endroit où ça bouge le plus, c’est ici», lâche Abdel, 28 ans, un des piliers de l’association AJCRV (agissez-rêvez) du quartier de la Rocade. Assis à côté de Nora, Abdel, baskets et casquette blanche retournée, fait preuve d’un bagout que la direction de la Ligue a vite repéré. Elle veut en faire l’exemple de la capacité du NPA à s’implanter dans les cités. «On était plus de 80 personnes à la dernière réunion. Un mois après, on est 30. Moi, ça me plaît pas», balance-t-il. Ce qu’Abdel appelle «le processus» constitutif prend trop de temps face à l’urgence sociale dans les quartiers, explique-t-il. Remonté, il accuse ses collègues du NPA de ne pas s’être déplacés à une action de son association. «Il faut qu’on prouve qu’on est utile. Moi, quand je rentre chez moi, je vois le même quartier, avec les mêmes problèmes. Vous êtes plus protégés dans vos maisons», lance Abdel à ses camarades.

«Il me fait chier avec son côté velléitaire», s’insurge Didier, ancien de la section PCF d’Avignon. Hendrick, ingénieur agronome, la trentaine blonde avec catogan et petites lunettes, plaide pour faire de l’écologie, le thème central du parti. «Le problème, c’est qu’au NPA, il y en a au RMI et d’autres qui en sont aux toilettes sèches», commente Adeline, ex-PCF. «On est en gestation et on n’a pas assez de contenu. Les gens arrivent avec un questionnement et on leur répond par un autre questionnement!» se désespère Gilbert, ancien des collectifs unitaires.

La peur du noyautage

En vieux briscard trotskiste, Jacques, de la LCR, remet la réunion sur les rails : «En février, à la médiathèque, on était 80. Vous étiez là en vous disant : où est l’arnaque ? Qu’est-ce que la LCR magouille derrière ça ? On a été présents cahin-caha et on a réussi la manif devant la prison avec Olivier Besancenot», rappelle-t-il. Constamment invoquée, la parole du leader de la LCR fait office de lien entre tout ce petit monde. «Par ses réactions à l’actualité politique et sociale, Besancenot est le seul légitime pour incarner ce mouvement» , explique Jacques.

Pour crédibiliser sa volonté d’ouverture et sa promesse de se dissoudre dans le NPA, la LCR s’est interdit toute prise de parole nationale. «On n’est pas là pour dire comment on fait le parti, mais pour animer», assurent les trotskistes. La stratégie ? Jouer la base et les inorganisés contre les accords politiques entre appareils qui ont échoué lors de la candidature «unitaire» à la présidentielle de 2007. «J’étais dans les collectifs qui ont explosé à cause du PCF et de la LCR. Dans notre groupe local, beaucoup de gens passent la tête pour voir. Mais un doute subsiste sur l’attitude de la LCR. Moi, je leur fais confiance, mais si on est trahi, on n’y reviendra pas», prévient Gilbert, 54 ans, infographiste. «80 % des gens se méfient de la LCR. Ils disent qu’ils veulent se dissoudre, mais où est l’entourloupe ? Leur positionnement sera primordial. Si le doute est levé, il y aura une adhésion forte à l’automne», explique un adhérent d’Attac.

Abdel est prêt à aller à la baston : «Si on ne fait pas de formation, le NPA, ce ne sera que la LCR, les pauvres et les niais. A Paris, il va falloir qu’on défende nos positions face à des mecs qui ont quinze ans de militantisme.» Jacques souhaite que la contribution du Vaucluse «évite la langue de bois, y compris de la LCR et le charabia avec anticapitaliste et révolution à toutes les phrases».

Un nom introuvable

Pour l’heure, la ligne reste délibérément floue. Il s’agit en effet de ratisser large. Autour de la table, tous espèrent un parti relais des luttes sociales et porteur d’une alternative à la gauche de gouvernement - le PS - qui les a déçus. Nora, par exemple, a été candidate de la «société civile» aux municipales sur une liste socialiste, avant d’être rétrogradée en position non éligible. «C’est viscéral, constate Jacques, ils ne veulent aucun accord avec le PS. Plus on a une réflexion politique dans le NPA, moins on veut voter socialiste au second tour. Cela va au-delà de l’orthodoxie de la Ligue !»

De quoi alimenter les craintes du PS, qui redoute de voir émerger sur sa gauche une force refusant de conclure des alliances avec lui.

Au niveau national, le PS suit de près cette affaire et a confié à l’ancien ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant la tâche d’observer le NPA. Alors que le postier trotskiste cartonne dans les sondages, François Hollande a avoué que Nicolas Sarkozy lui aurait lancé, le 7 juin dernier, dans l’avion qui les ramenait du Liban: «On va vous faire avec Besancenot ce que vous nous avez fait avec Le Pen !»

Pour autant, tous ces militants ne se considèrent pas comme révolutionnaires. Ou anticapitalistes. Nora dit même que ça lui «donne des boutons». «Dans les quartiers, l’anticapitalisme ne fait pas recette. Je ne vais pas me griller, je change le mot !» raconte Abdel. «Sur la question du nom du parti, on est tétanisés», reconnaît un participant.

Un camarade a apporté une bouteille de whisky pour fêter la victoire du non en Irlande. Les langues se délient sous le soleil de fin d’après-midi. Abdel propose de rebaptiser le NPA «Baygon, pour agiter les cafards». Nora fait un bide avec «le nouveau parti populaire» : «T’es pas bien, ça fait facho ! Pourquoi pas le "commando Germinal" pour faire tout péter un bon coup ?» indique Michel, anarchiste sexagénaire. Didier le communiste se verrait bien adhérer à «La gauche». Un autre propose le «Pimen rouge, pour Parti d’inspiration marxiste, écologiste et nouveau». «Et tu vas quand même pas mettre le t de trotskiste?» le chambrent ses futurs camarades.